La collecte de 2004 a montré que le nombre de logements a progressé entre 1999 et 2004 au même rythme qu’entre 1990 et 1999 avec un nombre croissant de pièces. Le résultat de cette étude INSEE montre donc que les Français disposent en moyenne de plus d’espace.
Mais cette augmentation de la surface moyenne des logements est en grande partie due au vieillissement de la population. La proportion de personnes habitant seules dans leur logement augmentant au même rythme. En fait, le recensement permet surtout de connaître les besoins spécifiques de chaque commune et de récolter les informations nécessaires à leur réalisation.
Le poids politique d’une commune est ainsi intimement lié au nombre de sa population.
Voici l’estimation 2005 de la population des villes de plus de 200 000 habitants :
| PARIS |
2 144 700 |
Habitants |
| MARSEILLE |
808 700 |
Habitants |
| LYON |
465 300 |
Habitants |
| TOULOUSE |
431 500 |
Habitants |
| NICE |
347 100 |
Habitants |
| NANTES |
280 600 |
Habitants |
| STRASBOURG |
272 800 |
Habitants |
| MONTPELLIER |
244 100 |
Habitants |
| BORDEAUX |
229 900 |
Habitants |
| LILLE |
226 800 |
Habitants |
| RENNES |
210 200 |
Habitants |
Les Français, et particulièrement dans les grandes villes, ne semblent pas aujourd’hui disposer de plus d’espace pour vivre. Les financements immobiliers deviennent toujours plus tendus, face à des prix de l’immobilier devenus aujourd’hui irréalistes. Les Français semblent donc au contraire réduire leurs prétentions au même rythme que s’allongent la durée des prêts immobiliers. L’idée du prêt immobilier sur 40 ans apparaît pour certains comme la solution. D’autres lui préfèrent le logement social, imposé à toutes les villes, voire à tous les nouveaux programmes immobiliers. Mais est-on vraiment sûr que ces logements sont attribués à ceux qui en ont le plus besoin ? Trop souvent les sociétés de HLM se sont contentées de louer dans les quartiers cotés des logements à une population qui aurait pu en devenir propriétaire. Aujourd’hui elle ne le peut plus.
Les agents immobiliers portent également une part de responsabilité, dans leur anticipation des hausses de prix. Il est beaucoup plus difficile d’obtenir des mandats en période de croissance, alors que la vente à moyen ou long terme semble assurée. Mais combien d’entre eux réalisent-ils aujourd’hui un plan de financement avant de signer des compromis de vente ? Les promoteurs immobiliers anticipaient également les hausses de prix, mais ceci est plus compréhensible dans le cadre d’une VEFA se déroulant sur plusieurs années.
Les salaires ont peu augmenté depuis 10 ans alors que les prix de l’immobilier ont doublé. Enrichissement virtuel pour les uns, appauvrissement pour les autres. La durée moyenne des prêts immobiliers devra t-elle passer de 15 à 30 ans pour maintenir ce fragile équilibre ? Recensement ou pas, un salaire moyen ne permet plus, aujourd’hui, d’acheter un logement correct dans ces grandes villes de plus de 200 000 habitants. Réservez, malgré tout, le meilleur accueil à votre recenseur, il est peu probable qu’il soit lui-même propriétaire…
Stéphane Fieschi